[Covid-19] Fermées, les écoles d’ingénieurs s’organisent

[Covid-19] Fermées, les écoles d’ingénieurs s’organisent
17 Mars 2020
Alors que leur fermeture a pris effet lundi 16 mars, les établissements d'ingénieurs se heurtent au casse-tête organisationnel, entre cours à distance, réorganisation des examens et interrogations des étudiants à l'étranger.

Au cours de son allocution jeudi 12 mars, le président de la République Emmanuel Macron a pris une mesure forte face à la propagation du Covid-19 en France : depuis lundi le 16 mars, écoles, collèges, lycées et universités sont fermés pour une durée initiale de 15 jours. Les formations d'ingénieurs ne dérogent pas à la règle est affichent portes closes. Centrale Supélec, Mines ParisTech ou l'Ecole Polytechnique ont publié des communiqués sur leur site Internet pour détailler les mesures en vigueur dans leur établissement.
Première journée de cours à distance
En quelques jours, les équipes dirigeantes ont dû élaborer un plan pour assurer la continuité pédagogique et rassurer des étudiants parfois inquiets. “On a planché dès vendredi sur l'acquisition d'un outil spécifique pour gérer les cours à distance. L'objectif est qu'il soit opérationnel mercredi”, éclaire entre deux réunions le directeur de Mines de Saint-Etienne Pascal Ray, pour qui la priorité demeure le maintien des emplois du temps.

Du côté de l'Ecole de Biologie Industrielle (EBI) ou des Arts et Métiers, étudiants et enseignants échangent via la plateforme en ligne Moodle. “Nous l'utilisons depuis des années. Les étudiants peuvent discuter via un forum et ont accès à tous nos modules de formation”, précise le directeur de l'ENSAM Laurent Champaney. L'école doit également composer avec une de ses spécificités : 40% de ses enseignements sont des travaux pratiques. Des cours plus complexes à mener à distance dont l'organisation tourne vite au casse-tête. “C'est compliqué, mais nous réfléchissons à des cours filmés par visioconférence ensuite envoyés aux élèves”, illustre Laurent Champaney.

A l'école des Mines de Nancy, Yves Meshaka, directeur de la formation ingénieur civil, se félicite que 80 à 90% des cours se soient déroulés dès le 16 mars. Chaque enseignant était libre d'utiliser son outil de visioconférence, chat ou questionnaire en ligne. “Les premiers retours sont positifs, tant au niveau de la présence que de l'interaction”, révèle Yves Mekshaka.

Le point d'interrogation sur cette première journée de cours à distance reste la qualité mitigée du réseau Internet, qui pourrait contrecarrer l'efficacité de cette pédagogie à long-terme. Florence Dufour, directrice de l'EBI s'inquiète elle de l'isolement des enseignants et étudiants. “Nous avons instauré un point hebdomadaire avec les tuteurs et élèves délégués pour avoir un retour sur leur moral.”
Des examens à réorganiser
Alors que le semestre débute pour la plupart des écoles, les enseignants se confrontent déjà à la problématique des examens. “Si la réouverture des établissements se fait dans 15 jours, ce qui paraît compliqué, il y aura peu d'incidences, commente Luis Le Moyne, directeur de l'ISAT Nevers. Autrement, les modalités du contrôle continu vont être bouleversées, tout comme les notes de travaux pratiques et de projets.”

Les écoles réfléchissent actuellement à des solutions alternatives, principalement des contrôles à distance. “Nous envisageons plusieurs solutions : un entretien individuel par Skype, un mini-projet à distance, des devoirs maisons ou un vrai examen avec temps limité avant le rendu”, énumère François Rousseau directeur des Mines de Nancy.
Alternants et étudiants à l'étranger
Dans cette réflexion pour adapter au mieux et au plus vite leurs enseignements, les établissements doivent également faire face aux cas particuliers. En ce qui concerne les apprentis ingénieurs, les consignes sont d'appliquer les indications des entreprises. Certains continuent d'aller sur leur lieu de travail, alors que d'autres effectuent du télétravail ou sont en procédure de chômage partiel.

Le directeur de l'ISAT Nevers Luis Le Moyne s'inquiète particulièrement du sort de ses 90 étudiants de 4e et 5e année dispersés aux quatre coins du globe pour un semestre à l'étranger. “Nous n'avons pas forcément la légitimité pour leur donner la consigne de rentrer ou non. C'est aux ambassades et aux ministère des Affaires étrangères de prendre ces décisions.” Le constat est similaire du côté des Mines de Saint-Etienne. Parmi les 300 futurs ingénieurs en césure, stage ou échanges académiques, certains se voient proposer des accompagnements pédagogiques par les universités qui ferment leurs portes. Pour ceux qui rentrent, l'école leur propose de suivre les cours à distance. Pour 15 jours ou plus...
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